Comme le soulignait Guillaume de Morant (La revue française de généalogie), la généalogie est en filigrane des Rendez-vous de l’Histoire organisés chaque année à Blois (Loir-et-Cher). Ce fut particulièrement vrai au cours de cette 19e édition dont le thème était : Partir

Le thème de la 19e édition des Rendez-vous de l’Histoire a immédiatement fait écho à l’une de mes interrogations : quel événement ou quelle succession d’événements peut expliquer les migrations d’un ancêtre ? Si elles sont particulièrement nombreuses au cours des XIXe et XXe siècles, j’ai décidé de concentrer mes recherches sur les quatrième et cinquième générations de la famille BERDELLOU (1877-1961). En effet, en moins d’un siècle :

  1. mon arrière-arrière-grand-père (Guillaume BERDÉLOU, 1877-1924) a quitté la région des communes limitrophes de Plestin-les-Grèves (Côtes d’Armor) et de Plouégat-Guerrand (Finistère) avant de s’installer dans plusieurs communes de l’Ouest parisien puis dans le XIIIe arrondissement de Paris  ;
  2. mon arrière-grand-père (René BERDÉLOU, 1905-1961) a quitté la région parisienne où il est né avant de s’installer définitivement dans la région de Moulins (Allier).

Aucune information les concernant n’étant parvenue jusqu’à moi, un premier examen des archives aisément accessibles (état-civil, archives militaires, recensement) dans les zones géographiques concernées a permis d’obtenir des éléments de réponse et de dresser une liste de futures recherches.

L’exode rural de la fin du XIXe siècle

Guillaume Joseph BERDÉLOU (1877-1924) est le fils de Louis Marie BERDELLOU (cultivateur) et de Marie GUENNEC (ménagère). Né à Plestin-les-Grèves, il grandit dans la commune limitrophe de Plouégat-Guerrand avec ses parents ainsi que ses frères et sœurs. D’après le recensement de la population de la commune réalisé en 1891, Guillaume BERDÉLOU – âgé de 14 ans – n’habite plus chez ses parents.

Copie d'écran HEREDIS 2017. Migrations de Guillaume BERDÉLOU (1877-1924).
Copie d’écran HEREDIS 2017. Migrations de Guillaume BERDÉLOU (1877-1924). Après avoir quitté la Bretagne, il s’installe en région parisienne et réalise son service militaire à Angers. Sa domiciliation à Saint-Maixent-L’école (1909) et à Rouvray-Saint-Florentin (1916) demeurent des énigmes.

Six années plus tard (1897), tandis que ses parents demeurent installés dans le département du Finistère, Guillaume BERDÉLOU exerce la profession de cultivateur à Houilles (Yvelines). Grâce au recensement réalisé en 1896, il est possible d’affirmer que son frère aîné y était également installé. Il semble cependant que les deux frères se soient réinstallés, au moins temporairement, auprès de leurs parents au lieu-dit Pont-Menou à Plouégat-Guerrand (1901).

Dès l’année suivante, Guillaume BERDÉLOU s’installe de nouveau dans l’Ouest parisien (Houilles, Asnières-sur-Seine) où il exerce la profession d’employé domestique. En 1908, accompagné de son épouse et de ses enfants, il est installé dans le XIIIe arrondissement de Paris. Sans qu’il soit possible d’établir un lien de causalité avec son déménagement et le changement de statut de son foyer, il devient charretier puis palefrenier.

Perspectives de recherches : il serait intéressant :

  • d’approfondir les relations entretenues avec son frère aîné et leurs conséquences sur ses résidences successives et ses professions exercées. Idem au niveau de la cellule familiale des intéressés ;
  • de disposer d’éléments d’information quant à son niveau de vie. Les événements liés à son décès (1924) constituent peut-être des sources à exploiter (inventaire après décès, circonstances de son inhumation).

Le placement des orphelins par l’assistance publique

René Yves Marie BERDÉLOU (1905-1961) est le fils de Guillaume Joseph BERDÉLOU (employé) et Marie JOLLY (sans profession). Si René BERDÉLOU est né à Houilles, l’absence de recensement de la population pour la ville de Paris sur la période concernée ne permet pas d’affirmer qu’il a grandi dans le XIIIe arrondissement de Paris. A partir du début des années 1930, et jusqu’à la fin de sa vie, il vit dans les départements de l’Allier et de la Saône-et-Loire. Quel événement ou quelle succession d’événements a concouru au départ de René BERDÉLOU dans le département de l’Allier entre 1905 (sa naissance) et 1929 (son mariage) ?

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Copie d’écran HEREDIS 2017. Migrations de René BERDÉLOU (1905-1961). Après avoir avoir quitté la région parisienne, les déménagements successifs de René BERDÉLOU sont principalement liés à sa carrière de garde-barrière aux passages à niveau des départements de l’Allier et de la Saône-et-Loire.

La mise en ligne des tables décennales des naissances, mariages et décès du XIIIe arrondissement de Paris a permis de réunir un faisceau d’indices :

  • son père, Guillaume BERDÉLOU, est décédé au cours de l’année 1924 (cf. feuillet matricule conservé aux Archives départementales du Finistère) ;
  • sa mère, Marie JOLLY, est décédée au cours de l’année 1917, c’est-à-dire au moment où Guillaume BERDÉLOU était mobilisé (1914-1919) ;
  • plusieurs de ses sœurs se sont mariées et/ou se sont installées dans le département de l’Allier dans les années 1930-1940.

René BERDÉLOU, orphelin de mère (à l’âge de 12 ans) puis de père (à l’âge de 19 ans) a vraisemblablement été placé dans une famille installée dans le département de l’Allier, par le biais de l’agence de l’Assistance publique de la Seine installée à Moulins. Son feuillet matricule – conservé aux Archives départementales de l’Allier – permet de confirmer cette hypothèse. Le document – grâce auquel on apprend qu’à l’âge de 20 ans il exerce la profession de cultivateur dans le village de Chézy (Alier) – comporte la mention : « Pupille du département de la Seine« .

Perspectives de recherches : il serait intéressant :

  • de consulter les registres d’admission des enfants de l’assistance publique de la Seine (années 1917-1924) pour déterminer l’année au cours de laquelle les six enfants ont été pris en charge et permettre de consulter les dossiers associés ;
  • de consulter les pièces relatives aux conseils de famille des pupilles de l’assistance publique.

Si la question posée par le thème de la 19e édition des Rendez-vous de l’Histoire – Partir – m’a permis de me concentrer sur un thème de recherche précis, et ainsi de faire progresser l’état de mes connaissances, bien des questions restent cependant sans réponse. Autant d’interrogations pour partir vers de nouvelles aventures ?

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