A l’occasion de la sixième édition du #challengeAZ, animée par la communauté des généalogistes, archivistes et autres passionnés d’histoire, j’ai décidé en ce Centenaire de l’Armistice du 11 novembre 1918 de partager quelques-unes des 600 biographies des Morts de la Grande guerre des communes de Romorantin et Lanthenay. Elles sont tirées du bulletin spécial de la Société d’art, d’histoire et d’archéologie de la Sologne dont je suis l’auteur (n°201, 4ème trimestre 2015, toujours en vente à Romorantin-Lanthenay). Ce projet avait reçu le label de la Mission du Centenaire de la première guerre mondiale.

Des circonstances de décès jamais clairement établies

Jean ABAT est né le 27 décembre 1884 à Chalabre (Aude), place du Marché. Il est le fils d’Isidore ABAT (32 ans, tisserand) et de Baptistine Marie GARRIGUES (23 ans, sans profession). Il est incorporé au sein du 102ème RI en qualité d’engagé volontaire pour une durée de 4 ans le 28 janvier 1904 à la mairie de Chalabre. Au moment de son recensement au titre des obligations militaires (classe 1904, bureau de Narbonne, matricule 1291), Jean ABAT résidait à Chalabre et exerçait la profession de chapelier. Père d’un enfant au moment de son décès, il avait épousé Marie Léocadie PEYRE le 20 février 1908 à la mairie de Chalabre. A l’issue de sa période d’engagement, Jean ABAT se rengage au sein du 102ème RI en 1907, 1909, 1911, 1912 et le 26 janvier 1914 pour une durée de 3 ans. Au cours de cette période, il est nommé à différents grades. Dans l’armée active au moment de la mobilisation, Jean ABAT prend part à la campagne contre l’Allemagne à partir du 2 août 1914 en qualité de sergent-major au sein du 102ème RI. Les circonstances de son décès ne sont pas clairement établies.

Si le journal des marches et opérations du 102ème RI mentionne le décès du sergent-major ABAT le 25 août 1914 au cours du combat de Marville (Meuse), deux documents conservés par le Comité international de la Croix Rouge dont dépendait l’agence internationale des prisonniers de guerre tendent à remettre en cause les circonstances de son décès. Sans nouvelle de sa part, vraisemblablement en janvier 1916, ses proches adressent une demande de renseignement à l’agence internationale des prisonniers de guerre. D’après les informations portées à la connaissance de l’agence, Jean ABAT aurait été blessé le 25 août 1914, fait prisonnier puis interné au lazaret de guerre de Charency-Vezin (Meurthe-et-Moselle). Ces informations sont corroborées par un second document en possession de l’agence dressé par les autorités allemandes entre septembre et octobre 1914. Cette liste des prisonniers français mentionne les informations suivantes : « Johann ABAT, sergent au 102ème RI, 3ème Cie, [blessé à] la tête, lazaret de guerre de Charency ». Si ni les circonstances, ni la date, ni le lieu du décès du sergent-major ABAT ne sont clairement établis, il est en revanche certain que son inhumation a été réalisée par les autorités allemandes antérieurement à la date du 22 juin 1915.

Liste des prisonniers de guerre français en mains allemandes. Archives CICR
Liste des prisonniers de guerre français en mains allemandes. Archives CICR

A l’issue du conflit, et en l’absence d’un acte de décès officiel, un jugement déclaratif de décès est rendu par le Tribunal civil de Limoux (Aude) le 21 avril 1920 avant d’être transcrit le 18 mai 1920 dans le registre des décès de la mairie de Chalabre. Officiellement, Jean ABAT est décédé le 25 août 1914 à Marville (Meuse). Jean ABAT résidait à Chalabre. En 1920, sa veuve et son enfant demeuraient à Romorantin.

Si le nom de Jean ABAT ne figure sur aucun monument commémoratif de la ville de Romorantin-Lanthenay, il figure en revanche sur le monument aux morts de la commune de Chalabre.

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