A l’occasion de la sixième édition du #challengeAZ, animée par la communauté des généalogistes, archivistes et autres passionnés d’histoire, j’ai décidé en ce Centenaire de l’Armistice du 11 novembre 1918 de partager quelques-unes des 600 biographies des Morts de la Grande guerre des communes de Romorantin et Lanthenay. Elles sont tirées du bulletin spécial de la Société d’art, d’histoire et d’archéologie de la Sologne dont je suis l’auteur (n°201, 4ème trimestre 2015, toujours en vente à Romorantin-Lanthenay). Ce projet avait reçu le label de la Mission du Centenaire de la première guerre mondiale.

Une erreur gravée sur le monument aux morts

Le nom de Silvain BARBELLION figure sur le monument aux morts de l’ancienne commune de Romorantin aux côtés de 245 autres combattants. Pourtant, l’examen approfondi de la transcription de son jugement déclaratif de décès dans les registres de l’état civil de la commune a permis de révéler qu’une erreur s’était vraisemblablement glissée dans le jugement déclaratif de décès d’Eugène Alexandre BARBELLION (1890-1918) rendu par le Tribunal civil de Romorantin le 10 juin 1921. C’est en effet le nom du père de l’intéressé, Silvain Désiré BARBELLION, qui a été reporté dans le champ correspondant aux prénoms du combattant décédé. L’erreur a été reportée dans les registres de l’état civil de la commune de Romorantin puis sur le monument aux morts de la commune. Ainsi, Silvain et Eugène BARBELLION figurent pour l’éternité sur le monument aux morts de la commune ! 

Transcription de décès de Sylvain Désiré BARBELLION. Registre de l'état civil de la commune de Romorantin
Registre de l’état civil de la commune de Romorantin (1921)

Eugène BARBELLION (1890-1918), Mort pour la France

Eugène Alexandre BARBELLION est né le 17 décembre 1890 à Valençay (Indre), lieu-dit « le Moulin Foulon ». Il est le fils de Silvain Désiré BARBELLION (49 ans, journalier) et de Zélie Joséphine JOLLET (44 ans, sans profession). Au moment de son recensement au titre des obligations militaires (classe 1910, bureau de Châteauroux, matricule 361), il résidait à Valençay (Indre) et exerçait la profession de tuilier. Il se rengage le 18 août 1912 pour une durée d’un an à compter du 1er octobre 1913 au sein du 2ème RMZ. Dans l’armée d’active au moment de la mobilisation, Eugène Alexandre BARBELLION prend part à la campagne contre l’Allemagne à partir du 2 août 1914 en qualité de caporal (1913) au sein du 2ème RMZ. Il est blessé par balle au niveau de la « région sacrée » le 5 mai 1915 au canal de l’Yser (province de Flandre-Occidentale, Belgique). Cette blessure lui a valu une citation à l’ordre du régiment. Caporal au sein du 2ème RMZ, 19ème compagnie, Eugène Alexandre BARBELLION est fait prisonnier le 24 février 1916 dans la Région de Verdun, dans le bois des fosses près de la commune de Louvemont-Côte-du-Poivre (Meuse) puis interné au camp de prisonniers de guerre de Giessen (Hesse, Allemagne). Il meurt en captivité des suites de maladie (grippe) le 8 novembre 1918 à l’hôpital de la commune de Herschbach (Rhénanie-Palatinat, Allemagne).

A l’issue du conflit et en l’absence d’un acte officiel, un jugement déclaratif de décès est rendu par le Tribunal civil de Romorantin le 10 juin 1921 avant d’être transcrit le 22 juin 1921 dans le registre des décès de la mairie de Romorantin. Une erreur s’est glissée dans le jugement du Tribunal civil de Romorantin : le prénom du père d’Eugène Alexandre BARBELLION a été reporté par le greffier dans le champ correspondant au prénom de l’intéressé. En conséquence, le jugement établi aux nom et prénoms de Sylvain Désiré BARBELLION a été transcrit en l’état dans le registre des décès de la mairie de Romorantin. Célibataire, Eugène Alexandre BARBELLION résidait rue des Champs-Ragot à Romorantin.

Décoré de la médaille coloniale avec agrafe « Maroc » au titre des opérations militaires auxquelles il a pris part antérieurement à la Grande Guerre, Eugène Alexandre BARBELLION est a priori titulaire de la Croix de guerre avec une étoile de bronze pour avoir été cité à l’ordre du régiment le 7 mai 1915 : « au cours d’une attaque de nuit sur les tranchées allemande, a fait preuve de la plus belle crânerie en oubliant les blessures qu’il avait reçues en encourageant sans cesse ses hommes d’avancer ».

Le nom d’Eugène Alexandre BARBELLION figure sur le monument aux morts de la commune de Romorantin, sur la plaque commémorative posée dans le hall de l’hôtel de ville ainsi que dans le projet de livre d’or de la commune. Il figure également sur le monument aux morts de la commune de Valençay (Indre).

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