A l’occasion de la sixième édition du #challengeAZ, animée par la communauté des généalogistes, archivistes et autres passionnés d’histoire, j’ai décidé en ce Centenaire de l’Armistice du 11 novembre 1918 de partager quelques-unes des 600 biographies des Morts de la Grande guerre des communes de Romorantin et Lanthenay. Elles sont tirées du bulletin spécial de la Société d’art, d’histoire et d’archéologie de la Sologne dont je suis l’auteur (n°201, 4ème trimestre 2015, toujours en vente à Romorantin-Lanthenay). Ce projet avait reçu le label de la Mission du Centenaire de la première guerre mondiale.

Décédé à bord d’un ballon au cours d’une observation

Emile ROZE est né le 9 avril 1892 à Veilleins (Loir-et-Cher), lieu-dit « Martaignan ». Il est le fils d’Emile ROZE (27 ans, journalier) et de Marie GUILBERT (20 ans, ménagère). Il est incorporé au sein du 30ème RA en qualité d’engagé volontaire pour une durée de 3 ans le 20 septembre 1910 à la mairie de Tours (Indre-et-Loire). Au moment de son recensement au titre des obligations militaires (classe 1912, bureau de Blois, matricule 1359), il résidait à La Riche (Indre-et-Loire) et exerçait la profession de domestique. Père d’un enfant au moment de son décès, il avait épousé Thérèse Elisabelle SAUSSET le 20 octobre 1913 à la mairie de Romorantin. A l’issue de sa période d’engagement, Emile ROZE se rengage pour deux ans à compter du 20 septembre 1913. Dans l’armée active au moment de la mobilisation, il prend part à la campagne contre l’Allemagne à partir du 2 août 1914 en qualité de maréchal des logis (1911) au sein du 30ème RA. Maréchal des logis au sein du 30ème RA, 34ème compagnie d’aérostiers, 51ème batterie, Emile ROZE est tué à l’ennemi le 14 octobre 1915 dans la commune de Jonchery-sur-Vesle (Marne).

Son acte de décès est dressé le 14 octobre 1915 avant d’être transcrit le 26 novembre 1915 dans le registre des décès de la mairie de Romorantin. Exerçant la profession d’employé de commerce, Emile ROZE résidait à Romorantin, rue du Lys. L’information de son décès est publiée dans les journaux L’Echo de la Sologne et Le Courrier de la Sologne les 14 et 21 novembre 1915. Dans L’Echo de la Sologne, le capitaine de la 34ème compagnie d’aérostiers témoigne des circonstances du décès d’Emile ROZE : « mon ballon était de service le 14 octobre, et occupant son poste depuis 6 h 30, ROZE était à bord comme observateur. Un avion ennemi, ayant sans doute comme mission spéciale d’attaquer les ballons français rodant le long des lignes, attaqua sans succès deux autres ballons placés à une vingtaine de kilomètres de moi. Il put, à la faveur des nuages, s’approcher du mien, et arriva tout près, moteur arrêté, de sorte qu’on ne l’entendait pas. Le ballon fut incendié au moyen d’une fusée et, malgré tous les efforts faits, il fut impossible de ralentir la chute. J’ai pu faire retirer ROZE avant qu’il ne fut brûlé, mais il était mort en arrivant à terre, il était 8 h 30. J’ai eu une grande peine de la mort de mon observateur qui était un excellent sous-officier. Je l’avais sous mes ordres depuis environ trois mois, et j’avais pour lui une très grande estime. Il est mort en soldat à son poste de combat, après avoir fait son devoir et rendu service à son pays. J’ai pu faire faire un cercueil pour ROZE et je l’ai fait enterrer au cimetière militaire de … à quelques mètres de l’endroit où il a été tué. C’est dans ce cimetière que reposent les soldats tués à la bataille de la Marne et aux dernières batailles de Champagne. Les camarades des compagnies d’observateurs ont fait une souscription qui permettra de lui faire une tombe très convenable. Tant que ma compagnie restera dans la région, cette tombe sera toujours entretenue. J’ai pu trouver un prêtre qui a dit les dernières prières sur son cercueil et ma compagnie a rendu les honneurs militaires ».

A priori titulaire de la Croix de guerre avec palme de bronze, Emile ROZE a été cité à l’ordre de l’armée le 27 octobre 1915 : « très bon observateur, faisant constamment preuve du plus grand courage et du plus grand sang-froid. Tué le 14 octobre 1915 au cours d’une observation, le ballon à bord duquel il se trouvait ayant été attaqué et incendié par un avion ennemi ».

Le nom d’Emile ROZE figure sur le monument aux morts de la commune de Romorantin, sur la plaque commémorative posée dans le hall de l’hôtel de ville et le monument érigé dans l’église Saint-Etienne (Romorantin). Il figure également dans le projet de livre d’or de la commune.

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