A l’occasion de la sixième édition du #challengeAZ, animée par la communauté des généalogistes, archivistes et autres passionnés d’histoire, j’ai décidé en ce Centenaire de l’Armistice du 11 novembre 1918 de partager quelques-unes des 600 biographies des Morts de la Grande guerre des communes de Romorantin et Lanthenay. Elles sont tirées du bulletin spécial de la Société d’art, d’histoire et d’archéologie de la Sologne dont je suis l’auteur (n°201, 4ème trimestre 2015, toujours en vente à Romorantin-Lanthenay). Ce projet avait reçu le label de la Mission du Centenaire de la première guerre mondiale.

Une correspondance interrompue la veille de son décès

Augustin Aimable SARTON est né le 29 novembre 1880 à Gièvres (Loir-et-Cher), lieu-dit « la Collinière ». Il est le fils d’Alexandre SARTON (33 ans, vigneron) et de Joséphine DANGER (24 ans, ménagère). Au moment de son recensement au titre des obligations militaires (classe 1900, bureau de Blois, matricule 1596), il résidait à Lassay-sur-Croisne (Loir-et-Cher) et exerçait la profession de cultivateur. Père d’un enfant au moment de son décès, il avait épousé Jeanne Zéphirine DAGUENET le 21 avril 1908 à la mairie de Billy (Loir-et-Cher). Dans la réserve de l’armée active au moment de la mobilisation, Augustin Aimable SARTON est rappelé à l’activité par le décret du 1er août 1914 portant mobilisation générale. Au moment de sa mobilisation, il tente d’accompagner et de conseiller son épouse dans la poursuite de ses travaux agricoles. Ainsi, dans une lettre adressée à son épouse le 4 octobre 1914, il écrit : « tu me dis aussi que tu as mis de la semence de pommes de terre de côté. Tu as bien fait, il y en a tant qu’il en faut. Tu me dis aussi que Pérault te demande le veau pour faire une élève. C’est embêtant car c’est à présent qu’il commencerait à prendre de la viande, mais enfin comme c’est lui tu pourras lui donner si tu veux, mais comme tu l’as payé 35 francs naissant, il faut qu’il te le paie à 10 sous la livre, il te le prendra bien et les cochons seraient un peu plus heureux. Tu me dis aussi que tu dois vendanger dimanche, cela est embêtant car comme tu sais nous n’avons pas ce qu’il nous faut (…). Enfin tu feras pour le mieux, tel que tu feras je le trouverai bien car je ne peux pas y aller tout à l’heure ».

Il prend part à la campagne contre l’Allemagne à partir du 12 août 1914. Il ne quitte Blois (Loir-et-Cher) que le 12 septembre 1914. Blessé par balle au genou gauche le 21 ou le 22 septembre 1914 au combat de Montblainville (Meuse), il est placé à l’hôpital temporaire n°24 de Montluçon (Allier) jusqu’au début du mois de novembre avant d’être placé en convalescence au dépôt de convalescents de la caserne de Montluçon jusqu’à la fin du mois de novembre 1914. Revenu à Blois depuis le début du mois de décembre 1914, Augustin Aimable SARTON repart en direction du front le 15 mars 1915. Dans la dernière lettre adressée à son épouse, datée du 19 mars, il écrit : « je t’écris en te disant que nous sommes dans les tranchées d’aujourd’hui vendredi et nous sommes à 100 mètres les uns des autres. Ça cogne toujours fortement, nous y restons 8 jours sans changer, après j’espère retourner au repos. Je te dirai que je suis avec des camarades de Romorantin. Il y a un nommé BALLY qui est sur la route de Veilleins et l’autre c’est un nommé SALLÉ qui est perruquier dans le faubourg de Blois ». Soldat au sein du 113ème RI, 1er bataillon, 1ère compagnie, Augustin Aimable SARTON est tué à l’ennemi le lendemain, 20 mars 1915 dans la forêt d’Argonne, la Haute Chevauchée romaine (Meuse).

Son acte de décès est dressé le 1er avril 1915 sans qu’il ait été possible de constater la réalité du décès en raison d’une déclaration trop tardive. Il est transcrit le 3 juin 1915 dans le registre des décès de la mairie de Lanthenay. Augustin Aimable SARTON résidait à Lanthenay, au lieu-dit « Courmin ».

Décoré à titre posthume de la médaille militaire Augustin Aimable SARTON est également titulaire de la Croix de guerre avec une étoile de bronze : « brave soldat. Tué à l’ennemi, le 20 mars 1915, à la Haute-Chevauchée, dans l’accomplissement de son devoir ».

Le nom d’Augustin Aimable SARTON figure sur le monument aux morts de la commune de Lanthenay, sur la plaque commémorative posée dans l’église Saint-Aignan (Lanthenay) ainsi que dans le projet de livre d’or de la commune.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *