A propos du projet

A partir de l’automne 1915, un dépôt de prisonniers de guerre – connu sous le nom de « dépôt de prisonniers de guerre de Romorantin » – est installé sur le territoire de l’ancienne commune de Lanthenay. Au cours de leur captivité, certains de ces prisonniers de guerre allemands et austro-hongrois furent employés par au sein de détachements agricoles ou forestiers. Par ailleurs, après l’entrée en guerre des Etats-Unis et l’installation des camps américains en Sologne et dans la vallée du Cher (1917), d’autres prisonniers de guerre furent employés par les Américains au sein du parc automobile des camps de Gièvres.

Collection particulière

A l’occasion du Centenaire de la première guerre mondiale, collectionneurs, descendants de prisonniers de guerre et de militaires affectés à leur surveillance sont invités à communiquer leurs informations et à déposer une copie de leurs documents personnels (photographies, correspondances…). Ainsi, vous concourrez à :

Mettre en lumière un aspect méconnu de la Grande Guerre : dans le cadre du Centenaire de la première guerre mondiale, recherches, publications et expositions thématiques se sont multipliées, traitant tout à la fois du front comme de l’arrière (bilan humain du conflit, fonctionnement des hôpitaux militaires, présence américaine dans le département). Si l’effort de guerre des puissances victorieuses a été souligné à de nombreuses reprises par l’historiographie locale de la Grande Guerre, la captivité de prisonniers de guerre allemands et austro-hongrois à Romorantin et en Sologne (1915-1919), leur présence, leurs conditions de détention ou leur contribution à l’économie locale sont demeurées dans l’oubli.

Constituer un corpus archivistique thématique : les archives liées au fonctionnement du dépôt de prisonniers de guerre ne nous sont pas parvenues. Ni les archives municipales de Romorantin-Lanthenay, ni les archives départementales du Loir-et-Cher n’en disposent. Cependant, une recherche exploratoire a permis d’identifier de nombreuses autres sources publiques comme privées, françaises comme étrangères. Grâce à la base de données constituée à l’issue de la phase d’indexation collaborative et aux documents conservés par les collectionneurs ou les descendants d’un ancien prisonnier de guerre ou d’un de ses gardiens, le volet participatif du projet entend enrichir le corpus archivistique ainsi constitué.

Rappeler la dimension transnationale du conflit : un siècle après la Grande guerre, le continent européen s’est mué en un espace de coopérations et d’amitié. Dans ce contexte, et plus encore à l’occasion de ce centenaire, les initiatives franco-allemandes se sont multipliées en faveur d’une étude transnationale du conflit. Sur le front, fin 1914, le caporal Louis BARTHAS écrivait : « une même communauté de souffrances rapproche les cœurs, fait fondre les haines, naître la sympathie entre gens indifférents et même adversaires. Français et Allemands se regardèrent, virent qu’ils étaient des hommes tous pareils. » Aujourd’hui, ce projet entend rendre hommage aux prisonniers de guerre et leurs familles des deux côtés du front.

Ce projet de recherche devrait faire l’objet d’une communication au cours de l’année 2019 dans le cadre des conférences et des publications de la Société d’art, d’histoire et d’archéologie de la Sologne (SAHAS).

Je participe à la collecte de documents et d’informations

A l’aide d’un appareil photo, d’un scanner ou d’un smartphone, vous êtes invités à déposer photographies, correspondances, journaux intimes, documents officiels… Ces nouveaux éléments permettront d’enrichir notre connaissance du fonctionnement du dépôt de prisonniers de guerre de Romorantin (1915-1919).

Je participe à l’indexation collaborative des prisonniers de Romorantin

Sur la base des listes nominatives des prisonniers de guerre allemands et austro-hongrois en mains françaises, l’indexation collaborative consiste à transcrire en une base de données informatiques les archives conservées par le CICR qui mentionnent – notamment – arrivées et départs des prisonniers du dépôt de Romorantin.